Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 00:00

Un petit poème anti-poétique

 

La vie est une tragédie sans spectateur !
Une tragédie? je n'en sais rien.
Sans spectateur, c'est certain.
Personne, non personne n'est spectateur.
Celui qui se prétend tel est un menteur.

"Hé toi ! me disais-je, tu dois trouver ton rôle.
Puisque personne n'est spectateur,
Personne n'est juge, personne n'est sage...
Réveille-toi, c'est ton heure !
Plonge et nage, tu trouvera bien un rivage !
Tu dois trouver un but, même s'il n'y a pas de goal."

La mer houleuse des arts
Sera mon salut et mon territoire.
"La plume d'acier trempée,
conte et narre ta fabuleuse histoire.
Unique ! tu l'es, il n'y a qu'a te voir :
Sourcils froncés, regard profond et noir,
Tu es le Phoenix de chez-toi.
Tu réfléchis ton époque et son désespoir
Infiniment mieux qu'un miroir"

Horrifié ! je m'aperçus, mais trop tard,
Que je n'étais pas dans la mer des arts,
Ni même dans une petite marre,
Où viendraient se baigner des petits canards.
J'étais seulement dans ma baignoire

"Allez ! redescend sur terre petit bonhomme.
Mets quelques sou de côté et sois économe.
Travaille dur, gare à toi si tu chômes.

A part ça, improvise et prends du plaisir.
La vie, c'est pas du Shakespear.
Et de toute façon, on va tous mourir."

Par Walid - Publié dans : Vers de l'air (poèmes)
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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /2008 00:00

Il était de la mer
Elle du désert
Elle craignait la mort
Il n’y voyait qu’un port
Elle métaphysique
Lui pataphysique
Elle sentimentale
Lui dans les étoiles

Il rêvait d’une vie d’ascète
Elle rêvait d’une vie à deux
Elle pleurait tout le temps
Il riait souvent
Elle tel quel
Lui pêle-mêle
Elle belle
Lui rebelle

Et après tout
Malgré tout
En dehors de tout
L’un dans l’autre
Ils s’aimaient.

Il était une fois une fille extraordinaire. Elle était faite d’eau et de feu. C’est pour ça qu’on l’appelait l’Aqua-feuse. Elle était une sainte avec des reflets de diable au crépuscule. Elle était un rêve qui vient vous réveiller au petit matin. Ses yeux des soleils froids, des soleils où l’on se noie. Son nez un affront à la reine d’Égypte. Son front la baie de l’Inconnu. Sa bouche une porte du paradis. Son étreinte un cyclone. Sa peau un encensoir. Son âme un miroir.
Mais non mais non. Ne cherchez pas, ne regrettez pas, n’enviez pas. L’aqua-feuse n’est pas de ce monde. L’aqua-feuse est une créature poétique. Au fond elle n’est ni d’eau ni de feu. L’aqua-feuse c’est de l’air !

Par Walid - Publié dans : Vers de l'air (poèmes)
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Vendredi 14 mars 2008 5 14 /03 /2008 00:00

"Une bêtise qui date du lycée. Du temps où j'étais innocent, où j'avais des ailes et une auréole et tout... Non je rigole j'étais fan d'Iron Maiden!"

Une force m’attirait vers elle ; mais une de ces forces… Aussi puissante que l’attraction terrestre (à ce propos remarquons qu’en soulevant un objet quelconque nous exerçons une force supérieure à l’attraction terrestre (ayant le plus grand respect pour la loi de la gravitation universelle je fermerai cette parenthèse ici) et celle-là aussi).

Non seulement j’étais attiré vers cette charmante personne mais mes pensées elles-mêmes n’étaient plus que de froids cailloux tournants autour de l’astre aveuglant qu’était l’idée ravissante que j’avais de cette charmante personne.

Cet astre aveuglant m’illuminait de l’intérieur et me rendait inconditionnellement joyeux. Il me faisait rire aux misères, de tout, aux éclats, de rien, aux larmes et aux autres.

Cet astre brillait tant qu’il éclairait tout autour de moi. C’était pratique pour voir la nuit.

Mais la lumière croissait à vue d’œil et les nuits s’éclaircissaient… Jusqu’à devenir toutes blanches. Et une nuit blanche ce n’est pas pratique pour dormir. Il me fallait faire quelque chose de cet astre énergique, sinon il exploserait a coup sûr, il fallait en faire une action.

 


Je suis donc allé proposer à la jeune fille responsable du phénomène (je l’avais appelé « Amour » pour qu’elle comprenne) de partager au moins quelques flammes de l’astre aveuglant. Effrayée, elle les jeta par terre et les écrasa. Il s’en éleva une fumée qui provoqua un trou dans l’atmosphère paisible de ma jeunesse.

Elle était prise. Oui, prise comme une place de bus imaginaire ; disons comme une place de métro imaginaire (ce moyen de transport est plus facilement imaginaire pour l’algérois que je suis).

Et elle s’enfuit sautillante et fraîche, contente d’être aimée. Elle s’éloignait peu à peu jusqu’à disparaître dans un nuage de parfum rose, suivie par des oiseaux, des souris, des hommes et le soleil couchant qui chantaient sa beauté.


Et l’astre cuisant rapetissa bien vite. Bien vite, il n’était plus qu’un minuscule trou dans mon cœur par où fuyait mon esprit au goutte-à-goutte. Et puis plus rien et puis autre chose et ainsi de suite.

Par Walid - Publié dans : contes
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Mercredi 12 mars 2008 3 12 /03 /2008 00:00

En attendant de savoir comment mettre de la musique sur mon blog (si vous le savez, merci de m'expliquer), voilà mon myspace où j'ai mis quelques compositions (guitare classique): http://www.myspace.com/walidguitar 

Par Walid - Publié dans : Musique
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Mardi 11 mars 2008 2 11 /03 /2008 00:00

Un jour un homme qui se sentait seul s’imagina avoir un arbuste qui pousse sur la tête. Cette idée lui procura l’excitation de l’esprit qu’on recherche avidement quand rien ne se passe dans notre vie. Alors il la cultiva tant qu’il put. Et tous les matins il vérifiait frileusement l’état de sa plante imaginaire.

 

Au bout de deux semaines l’arbuste était bien formé : un tronc rigide, des branches feuillus s’épanouissant de toutes parts… Il avait l’air d’un véritable arbre miniature. L’homme prit pour habitude de lui adresser la parole : d’abord indirectement pour masquer le ridicule de cet acte « on dirait qu’il pousse bien mon arbre » ; puis sans détours « Bonjour. Je te trouve de toute beauté ce matin » ; pour finir par avouer « mon Brissou tu es toute ma vie ».

Inutile de la cacher l’homme devenait de plus en plus stupide. Les racines profondément plantées dans son cerveau, l’arbuste se nourrissait de sa matière grise. Et même les neurones épargnés par le commensal ne s’occupaient que de Brissou et de son bien-être.

 

Après quelques mois l’arbuste devint un arbre majestueux, au feuillage joliment arrondi, au tronc si robuste que les piverts n’osaient pas y risquer leurs becs. L’arbre était réputé chez tous les volatiles du coin. Il était de bon temps de se donner rendez-vous chez Brissou. On y observait en permanence le spectacle des parades maladroites et des ébats frénétiques des jeunes oiseaux inexpérimentés.

Au printemps l’arbre se para de mille fleurs : du rouge à faire honte au coquelicot, du blanc à faire pâlir de jalousie les plus fiers lilas, du jaune à donner le tournis au tournesol… Des fleurs de toutes les couleurs. En plus de son expression d’hébétude habituelle l’homme affichait un ébahissement perceptible et un filet de bave épaisse coula de sa bouche quand il grommela : « Beau Brissou ».

 

Quelques temps après l’arbre donna des fruits extraordinaires : plus beaux que des pommes, plus juteux que des raisins, plus bons que des dattes. L’homme paraissait au sommet de l’émerveillement avec sa bouche ouverte et ses yeux exorbités. Mais ce n’était qu’une impression trompeuse. En vérité l’homme était mort. Mort sans même admirer ou goûter les fruits merveilleux de son arbre.

Moralité : Le fruit de l’imagination ne nourrit pas son homme.

Par Walid - Publié dans : contes
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